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Palazzo Amadio 

(2020)

     Il est américain. Romancier. Il a fui Boston pour de mystérieuses raisons. S'est installé à Venise.

Un étrange chien jaune qui semble sorti d'un tableau de Gauguin entraîne l'homme, ce midi-là, jusqu'à un palais que nul ne connaît plus, perdu au fond d'une calle, sur l'île de la Giudecca. C'est le Palazzo Amadio. Tout donne à croire qu'il est abandonné, comme victime d'un sortilège. Une femme attend cet homme. Et avec elle, les ombres menaçantes de la déesse Sothis. Un voyage vertigineux dans les méandres de la conscience. Une quête tragique de la beauté et de l'art.

Extrait

      Souvent les ruelles à Venise jouent au flâneur la surprise d’un cul-de-sac. Elles déversent la dynamique des pas sur les eaux inattendues d’un canal et il n’est alors d’autre solution que de rebrousser piteusement chemin en maudissant son sens de l’orientation mais la Calle Manzoni se prolongeait sur un petit pont en bois. Il enjambait un bras d’eau si étroit qu’un enfant aurait pu le franchir d’un bond paresseux. Son architecture, très épurée, arrêta un instant le regard de l’homme. Le tablier était composé de planches parfaitement jointes à la manière d’un parquet à la française et seules deux lisses, arrondies en hémicycle, reliaient entre elles les rives. Aucun pavois, nulle jambette, pas la moindre pièce de bordage intérieur pour habiller la structure de ce pont comme sorti d’un songe ou d’un univers de fantaisie. Deux jardinières bleues de ciel avaient été disposées sur chacun des arcs, en suspension au-dessus des eaux du canal, pour que le passage exigu ne fût pas gêné, et elles débordaient d’une masse exubérante de végétation en vigoureux aplats de vert et de rouge exhalant des notes de rose des temps passés et de menthe.

Le chien jaune avait disparu mais l’homme n’y pensait déjà plus.

Il arrêta ses pas au milieu du pont pour essayer de se repérer et crut reconnaître au loin, par-delà le moutonnement confus des toits, le clocher de Santa Eufemia, surmonté de sa croix minuscule de fer forgé.

Critiques des lecteurs

"Un récit onirique à la beauté hors du temps.

J'ai beaucoup aimé cet hommage à la langue, au mot rare (ah ! Huysmans...), à la splendeur onirique de Venise, ses descriptions sensualistes pour ne pas dire sensuelles, le mysticisme, la spiritualité, aussi, qui teintent largement ce récit. La beauté qui parcourt ces pages est en soi une trame "solide", elle est l'armature même du récit où passe constamment une sorte de flou rêveur, un sfumato léger qui rappelle, sans peser, la perspective atmosphérique des peintres de la Renaissance."

 

"J’ai aimé le style, la poésie. Le lecteur est embarqué dans cette quête, et partage avec émotion les sentiments du héros."

 

"Chef d'œuvre !

Ce petit roman permet un voyage (dont on ne sait s'il est réel ou onirique) dans les couloirs d'un mystérieux palais vénitien, le Palazzo Amadio. Le lecteur est emporté par la beauté de la langue et par une atmosphère incroyable, tout à la fois grisante & inquiétante. Un très beau récit qui donne envie de prendre le premier avion pour la Sérénissime et mener sa propre enquête !"

"Un roman profond ou la curiosité est un vilain défaut."

"Ce roman est un bijou d'élégance, c'est presque de la poésie car la langue est très travaillée. L'histoire nous emmène à Venise, dans un palais étrange, abandonné, et le héros vit dans ses murs une expérience inattendue et terrible. C'est difficile de définir Palazzo Amadio.

Jean Rasther nous propose une réflexion sur l'art et sur la beauté.

Mais on peut lire ce roman comme une aventure policière ou fantastique.

Il s'amuse à brouiller les pistes.

Une chose est sûre, c'est merveilleusement bien écrit !

Celles et ceux qui aiment le grand style seront comblés.

Merci Monsieur Rasther pour cette incroyable lecture !

Je re-découvre grâce à vous le plaisir de lire ! J'attends avec impatience votre prochaine publication !"

 

"Je viens de terminer le magnifique roman fantastique Palazzo Amadio de Jean Rasther qui nous transporte dans les mystères de Venise et les rituels magiques de l'Egypte ancienne, rencontre de deux mondes sensuels, entre jeux de l'amour et de la mort. Le présent est en train de détruire cette magie de la ville des amoureux, le carnaval avec ses personnages féériques est en deuil. Il ne reste que le rêve qui aujourd'hui est devenu cauchemar pour les Vénitiens. Alors pour entretenir vos rêves, rendez-vous avec ce roman dont je vous recommande la lecture, passionnante."

 

"D'emblée, et que cela vous rassure, j'ai aimé. Moi qui suis, comme vous, apparemment, un nostalgique de "l'esthétique fin de siècle", j'y ai retrouvé de bien beaux échos à Pierre Louÿs (d'ailleurs cité), au "club des longues moustaches" lustrées au symbolisme ambiant : Régnier, Vaudoyer, Miomandre, Du Bos etc., auxquels j'ai souvent rendu hommage sous le Chinois du Florian..., et même au maître absolu de cette génération : John Ruskin, pour n'évoquer que son emblématique "The stones of Venice". Y passe, aussi, l'ombre d'un des grands élus de mon panthéon personnel : André Suarès. En bref, vous l'aurez compris, j'étais en terre de connaissance, d'autant que, comme vous, je connais bien Venise, cette "Cybèle marine" si chère à Byron."

Jean Rasther en compagnie de l'écrivain Patrick Tudoret

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