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L'Amant d'éternité

(2019)

      Il s'agit d'une quête amoureuse, d'un naufrage dans la vénéneuse porosité de deux univers : celui de la réalité qui se plaît à brouiller les pistes et celui que l'on appellera par commodité virtualité ou imaginaire. Les personnages les plus importants du récit ce sont deux femmes, indubitablement, et non le narrateur que le destin condamne à l'attente, à une forme d'inertie. Deux héroïnes qui pourraient n'en faire qu'une : la « petite Renarde », Lo, et puis Tina. C'est autour d'elles que se dessine la géographie mélancolique de cette errance des sentiments. Le roman d'Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, aura été le point de départ de ce projet d'écriture et L'Amant d'éternité lui rend hommage en maint endroit. 

Extrait de la préface de L’Amant d’éternité, écrite par Jacques Cassabois :

      Un roman qui s’apparente à une odyssée amoureuse entre Tahiti, Bordeaux et Bruxelles, autour de variations inspirées par Facebook, avec des songes que l’on ne transforme peut-être pas toujours en questions afin de n’avoir pas à leur apporter de réponses et pour naviguer plus librement ensuite sur l’horizon des possibles.

Phrases au cordeau, sobriété, pas de lourdeur, pas d’insistance à démontrer, et puis une finesse, une élégance qui dénotent une sensibilité qui frémit, qui tremble, qui cherche la beauté des êtres et qui la trouve, et une fois qu’il la tient, l’exalte, lui fait rendre les eaux, celles de la naissance, car c’est à une naissance que l’on assiste, des eaux qui se changent souvent en nectar, et enfin sait faire partager tout ça. 

Extrait
 

      Elle cultiverait jusqu’à la fin de sa vie un lien charnel, organique, avec la terre d’Islande. Et lorsqu’elle lui parlait de cette immersion qui pouvait se prolonger plusieurs semaines, lui revenaient en mémoire des passages entiers d’un roman de Michel Tournier, Vendredi ou la Vie sauvage, à moins que ça ne fût Les Limbes du Pacifique, il ne saurait le dire, dans lequel il se souvenait que Robinson, au terme d’un processus de lente déshumanisation, parce qu’en proie à un terrible désespoir, s’enfonçait nu dans un boyau de la terre & se lovait là, en position fœtale, dans cette matrice originelle, avec l’illusoire espérance de pouvoir remonter à la source du Temps pour que fussent effacés les saignants stigmates du spleen.

Elle y retournerait épisodiquement quand la crise menaçait d’être plus puissante que sa volonté.

Faisant fi de tout, de son mari, de sa fille, de l’affection ténue qu’elle ressentait encore pour sa mère, elle se rendait à Charleroi en voiture, n’emportant rien, hormis sa carte bancaire & le passeport, embarquait dans le premier avion pour Reykjavik. Un taxi la déposait devant une toute petite maison peinte en bleu, acquise des années auparavant, située non loin du glacier Langjökull.

Isolée de tout – il fallait emprunter un chemin particulièrement accidenté de rhyolite & d’obsidienne sur plus d’un kilomètre pour la rejoindre –, elle surgissait de sa gangue minérale, fantomatique & altérable.

Elle aimait la sérénité du lieu. Elle aimait, la nuit venue, le bercement rauque de la Gullfoss & le froid vif, qui mordait son corps, qu’elle laissait nu, la transfusait d’énergie vitale.

LO l’attendrait dans l’appartement qu’elles possédaient à Louvain-la-Neuve ; ses caresses tiendraient lieu de reproches, par ses baisers elle serait pardonnée.

Critiques des lecteurs

"Avec L’Amant d’éternité je suis entré pleinement dans le tourbillon de personnages qui sont tout sauf immobiles. J’ai beaucoup aimé les ellipses temporelles et la profondeur des situations et des sentiments jusqu’au dénouement, dont je ne dis rien ! Dans Palazzo Amadio vous réussissez à créer un climat dense et particulier par cet enfermement stressant dont on ne sait plus s’il est réel ou le fruit d’errances oniriques. Les concepts freudiens contribuent à construire l’atmosphère où naissent les fantasmes. L’inconscient est là et le surmoi s’efface jusqu’à l’ultime… Une écriture ciselée, des descriptions et des portraits précis, des références artistiques pertinentes concourent à la réelle qualité des deux ouvrages. Bravo."

"L’Amant d’éternité c’est une suite de surprises. De petites découvertes. De fausses pistes et de grandes beautés.

La première, c’est d’apprendre qu’un homme que vous connaissez a écrit un roman. Et qu’il l’a publié. Qu’il a eu l’énergie, le courage, la patience, la ténacité. Qu’il est allé au bout. De cette démarche si intime et si dangereuse pour soi. Où l’on remet à d’autres le soin de dire ce que l’on vaut ou ce que l’on ne vaut pas. Il a eu ce courage là.

La seconde c’est une couverture. C’est une vahiné alanguie dans un cadre où on ne la trouvera pas. Parce ce que L’Amant d’éternité ne sera pas ce que l’on croit. Pas d’amours tahitiennes. Pas d'atolls ni de farés. Pas de fleurs d’hibiscus ni de tiaré. Juste un homme qui loin de tout. Sous les plus beaux ciels du monde. Aime deux femmes qui ne sont pas là. Des voix. Des lointaines. Des inaccessibles. Un homme qui se raccroche à la vie à ne la vivre pas, à la rêver.

Il n’y aura d’étreinte, ni de chair. Juste une histoire. Ou deux. Peut-être trois. Celle d’une femme brisée. Celle d’un homme si seul qu’il la rejoint sans espoir de l’atteindre. Et celle qui s’écrit de leurs deux parcours lointains. Où se mêle une troisième voix. La voix de celle qui relie les vivants et les morts.

L’Amant d’éternité n’est jamais ce que l’on croit. Et la plus belle des surprises est d’avoir peur d’être déçue et de ne l’être pas. De refermer le petit livre bleu et de sentir palpiter trois êtres qui ne sont plus que deux. Qui l’ont peut-être toujours été. Et qui vivent dans leur monde de papier. Parce qu’un homme a osé. Et qu’il a bien fait.

De nous surprendre. "

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