top of page

Prochainement :
la nouvelle pièce
de Jean Rasther
BOUNTY RHAPSODY

 

Jean Rasther écrivain a Venise.

Prochainement la nouvelle pièce de Jean Rasther 
BOUNTY RHAPSODY

 

Amis Lecteurs,

 

Je vous souhaite la bienvenue !

 

Ce site est consacré à mes publications

et à mon actualité littéraires.

Un menu permet de naviguer

au gré de ses envies.

Contactez-moi si vous le désirez.

Vos impressions de lecture me seront toujours précieuses

et je ne manquerai pas de vous répondre.

 

Je vous souhaite à présent

un très agréable voyage aux pays des mots.

 

Jean Rasther 

A paraitre

Jean Rasther vient de terminer la rédaction de son nouveau roman : La jeune Fille à la Mangue. Il raconte les deux années que le peintre Paul Gauguin a passées à Tahiti entre 1891 et 1892, à l’occasion de son premier séjour polynésien. 

Deux années cruciales dans son parcours artistique qui vont révolutionner son langage pictural et l’histoire mondiale de l’Art. 

Mais également deux années cruciales dans sa vie d’homme puisqu’il va rencontrer à Tahiti celle qui deviendra son épouse tahitienne, Teha’amana, probablement la seule femme qu’il ait réellement aimée. 

L'actrice italienne Giulia Ramires lit un extrait des
                  Métamorphoses d'un Vampire

A paraitre

Jean Rasther vient de terminer la rédaction de son nouveau roman : La jeune Fille à la Mangue. Il raconte les deux années que le peintre Paul Gauguin a passées à Tahiti entre 1891 et 1892, à l’occasion de son premier séjour polynésien. 

Deux années cruciales dans son parcours artistique qui vont révolutionner son langage pictural et l’histoire mondiale de l’Art. 

Mais également deux années cruciales dans sa vie d’homme puisqu’il va rencontrer à Tahiti celle qui deviendra son épouse tahitienne, Teha’amana, probablement la seule femme qu’il ait réellement aimée. 

Biographie

        Jean Rasther a grandi à Bagnères-de-Luchon, dans les Pyrénées, mais c'est à Toulouse qu'il poursuit ses études supérieures avant de s'établir à Bordeaux. Il travaille ensuite de nombreuses années en Nouvelle-Calédonie, puis succombe au charme de la Polynésie, découverte en 1993 à l'occasion du centenaire de la naissance du peintre Jacques Boullaire. Il réside successivement dans l’archipel des Iles-Sous-le-Vent, à Huahine, et à Tahiti.

Jean Rasther s'est illustré dans différents genres littéraires : théâtre, nouvelles, romans, poésie, et récemment contes mythologiques.

Publications

Publications

Moana Reva

(2024)

      Deux récits originaux puisant leur inspiration aux sources immémoriales des mythes composent le recueil Moana Reva

Ils rendent hommage à la culture et à la langue polynésiennes, mais c’est Huahine « L'Ile de la Femme » qui les a inspirés. 

Alors que  « La Vengeance de Hina » nous ramène aux premiers âges de la création du monde par les Dieux, dans un univers sauvage et d’une singulière beauté, l’héroïne du second récit, la Princesse Ariipaea vahine, incarne symboliquement le point de bascule d’un monde que l’on croyait intangible vers un autre, nouveau, venu d’au-delà des mers.

L’identité d’un peuple, les marqueurs culturels que sont la défense d’une langue, la connaissance de son Histoire, mais aussi celle du cap que l’on souhaite fixer pour son avenir, si Moana Reva questionne sur des sujets qui touchent intimement à l’âme maʻohi, ils n’en sont pas moins universels.

LES MÉTAMORPHOSES
D'UN VAMPIRE

ttttt copie.png

Le Lys Bleu Éditions                        http://www.lysbleueditions.com

jeanrastherecrivain

"Les Métamorphoses d'un Vampire" est enfin réédité ! Cette nouvelle publication bénéfice d’une couverture bien différente de la précédente mais elle traduit parfaitement l’ambiance diabolique du roman. Tous les événements relatés sont authentiques. Ils ont pour cadre Bordeaux et la presqu’île du Cap Ferret. Dans l’ombre de la relation amoureuse unissant Sarah et Lou, se trame en réalité une effrayante machination. Un scénario digne des meilleurs films d’Hitchcock. Un récit haletant. 

  BOUNTY RHAPSODIE

(2024)

bounty 2.png

Le Lys Bleu Éditions                        http://www.lysbleueditions.com

jeanrastherecrivain

"Bounty Rhapsodie" offre une réinterprétation théâtrale et captivante du mythe de l’île paradisiaque, où humour et profondeur se mêlent habilement. Cet ouvrage interroge le destin de Tahiti à travers une lentille moderne et fascinante, mettant en scène le capitaine Bligh, son second Fletcher Christian et son épouse indigène Maimiti dans une aventure inoubliable qui retrace la plus célèbre mutinerie de l’histoire maritime.

IMG_9957.jpeg

Moana Reva

(2024)

jeanrastherecrivain. 

      Deux récits originaux puisant leur inspiration aux sources immémoriales des mythes composent le recueil Moana Reva

Ils rendent hommage à la culture et à la langue polynésiennes, mais c’est Huahine « L'Ile de la Femme » qui les a inspirés. 

Alors que « La Vengeance de Hina » nous ramène aux premiers âges de la création du monde par les Dieux, dans un univers sauvage et d’une singulière beauté, l’héroïne du second récit, la Princesse Ariipaea vahine, incarne symboliquement le point de bascule d’un monde que l’on croyait intangible vers un autre, nouveau, venu d’au-delà des mers.

L’identité d’un peuple, les marqueurs culturels que sont la défense d’une langue, la connaissance de son Histoire, mais aussi celle du cap que l’on souhaite fixer pour son avenir, si Moana Reva questionne sur des sujets qui touchent intimement à l’âme Māʻohi, ils n’en sont pas moins universels.

bbbbb

Mahana no Atua Paul Gauguin(1894)
Musée d’art de Chicago.

Jacques Boullaire (1893 -1976)

Extrait

      Jamais Ari'ipaea vahine n'aurait pu imaginer que voyager comme Esprit, sous la protection d'un guide aussi singulier, pût offrir autant d'agréments.

Elle découvrait pour la première fois les côtes serpentines de son île, les écharpes célestes et paresseuses du lagon, les dunes ondulantes du Grand Océan, avec le regard émerveillé d'une enfant.

Tereroa survola bientôt une étroite vallée dont elle ignorait l'existence, non loin de la Baie Fa'atemu, à Ra'iātea.

Il fallut se glisser entre les branches bavardes de flamboyants séculaires, plantés de part et d'autre des versants abrupts de la montagne, puis remonter le long de ce goulot végétal qui filtrait presque totalement la lumière.

Tereroa ne lui avait pas menti.

Les eaux vertes d'une cascade jaillissaient des yeux d'un tiki taillé dans la chair brune de la montagne.

Deux flux discontinus de larmes se mélangeaient cent mètres plus bas, en une tresse compacte et argentée.

Elle disparaissait dans une vasque peu profonde, puisque Ari'ipaea vahine en distinguait le fond.

Ses contours dessinaient les courbes harmonieuses d'un bénitier.

Alentour, se développaient une végétation exubérante, un enchevêtrement confus de fougères anuhe, plus hautes que des hommes, dont les limbes, piquées de segments bleus, s'enroulaient comme des crosses d'évêques ; des bananiers, expiant d'antiques péchés sous le faix de régimes aux teintes émeraude et citrine ; des roses de porcelaine, hallebardes lumineuses poussées par on ne savait quel miracle dans les graviers noirs ceinturant le point d'eau.

Tereroa cueillit une feuille de bananier, la tailla délicatement pour lui donner la forme d'une pirogue. Quand il eut de l'eau jusqu'à la taille, il tourna le dos à la cascade, déposa le frêle esquif sur la surface bouillonnante de l'onde et, la main soutenant par en-dessous la feuille, lorsqu'il se fut assuré de sa stabilité, il y installa Ari'ipaea vahine.

La jeune fille fut touchée par la sollicitude presque paternelle de son compagnon, mais son tempérament indépendant et rétif s'agaçait vite de prévenances qu'elle considérait souvent comme un frein à sa liberté.

Escales en Polynésie

Titouan Lamazou

Editions Au vent des Iles (2021)

Critiques des lecteurs

"Je suis Polynésienne et je dois admettre que ces deux récits sont un vibrant hommage à mon fenua, à ma culture, et à mon peuple. Vous vous inspirez de nos mythes et de nos légendes pour nous proposer deux récits originaux et modernes mais en même temps ils s’inscrivent dans le respect scrupuleux de nos traditions. Comment rester insensible au charme des deux héroïnes ? À ces paysages polynésiens que vous décrivez si bien ?

Que vous sublimez ? Je retrouve parfois de vagues parfums du Mariage de Loti, la sensibilité et la violence parfois sont les mêmes, et vous écrivez largement aussi bien !

Merci pour ce merveilleux cadeau que vous faites à Huahine et à la Polynésie tout entière ! "

"Evasion garantie ! "

"Je connais un peu la Polynésie par les films ou les reportages à la télévision mais je n'avais jamais rien lu sur ce pays et sur cette culture. C'est une première et une vraie découverte ! L'évasion est garantie !  La description des paysages est sublime, les personnages (deux femmes, Ariipaea et Hina) sont attachants, l'auteur jongle habilement avec la langue française et la langue polynésienne, et on se laisse séduire par son style, par l'histoire. On ressort de là avec la tête pleine d'émotions et avec une terrible envie de partir à la découverte de Huahine, l'île à laquelle Jean Rasther rend hommage. Moana Reva est assurément une oeuvre de très grande qualité."

"Au début, j’ai feuilleté en diagonale Moana Reva et tout de suite, je me suis dit :

« Encore un pōpa’a qui croit qu’en mettant des noms tahitiens partout, il va nous attendrir ! »

Puis, en relisant attentivement, je me suis ravisée…

J’y ai vu vos recherches et votre passion sincère pour notre langue, notre culture, le ‘aramihi en est un exemple…

Peu de personnes connaissent ce crabe.

Mais vous vous y êtes intéressé !

Et ces petits clins d’œil, humbles détails qui semblent insignifiants pour beaucoup, me touchent parce qu’ils me montrent que vous vous inspirez de notre environnement pour agrémenter votre fiction mythologique.

Les poètes fabriquent les mythes.

Vous êtes un poète pour moi. Votre oeuvre peut-être utilisée pour désigner cette invention. En retour, les mythes font et façonnent les âmes des enfants, donc des Hommes qu’ils deviendront. Et vous leur avez fait honneur dans votre oeuvre.

En la lisant, je trouve une richesse poétique et certains passages m’ont fait éprouver une vive sensation…"

"Je ne pourrais parler dans cet espace, même brièvement, de tous les livres que je reçois. Ils sont nombreux et je suis honoré de cette marque d’estime. Néanmoins, que l'on me permette d'en évoquer quelques-uns. Aujourd'hui, "Moana Reva" (Le Lys Bleu) de mon ami du bout du monde Jean Rasther. Résident de l'île de Huahine - Polynésie française, près de Tahiti - où il enseigna quelques années, l'auteur, imprégné de l'esprit des "Immémoriaux" chers au grand Victor Segalen, s'est coulé avec grâce dans ces mythes millénaires qui font de ces atolls bien plus que de simples gemmes enchâssées dans une imperturbable mer émeraude. Dans ce style poétique qui lui est cher, soucieux du mot juste ou rare, mais sans excès, empruntant aussi au lexique tahitien, il nous invite, en amoureux fervent de ces latitudes, à remonter vers l’aube du monde ou à découvrir Ari’ipaea vahine, reine de Huahine, à la beauté légendaire. Piquer une tête dans ces lagons littéraires, c’est s’accorder un bain lustral aux effets durables."

 

Patrick Tudoret

L'île de Huahine

Titus

(2023)

Titus

(2023)

      Titus est le personnage principal de ce récit dont l’intrigue se déroule à Tahiti, l’île où Jean Rasther réside désormais.

Et Titus est un chat.

Il incarne une histoire tout à la fois émouvante et drôle, puissante et poétique. Nous y retrouvons l’écriture élégante et virtuose qui a fait le succès des précédentes publications de l’auteur, mais aussi les  thématiques familières à son univers : l’amour, la femme, la mutabilité dont souffrent les êtres et les choses, la mort.  

Découvrir l’histoire du chat Titus c’est, par un jeu subtil de réflexions, se questionner nécessairement sur la nôtre, dans la pleine lumière du soleil noir de nos mélancolies.

Extrait

      Titus est le personnage principal de ce récit dont l’intrigue se déroule à Tahiti, l’île où Jean Rasther réside désormais.

Et Titus est un chat.

Il incarne une histoire tout à la fois émouvante et drôle, puissante et poétique. Nous y retrouvons l’écriture élégante et virtuose qui a fait le succès des précédentes publications de l’auteur, mais aussi les  thématiques familières à son univers : l’amour, la femme, la mutabilité dont souffrent les êtres et les choses, la mort.  

Découvrir l’histoire du chat Titus c’est, par un jeu subtil de réflexions, se questionner nécessairement sur la nôtre, dans la pleine lumière du soleil noir de nos mélancolies.

          Le chat de la veille était réapparu.

Elle supposait qu’il avait dormi sur le paréo du canapé de la terrasse, plus chiffonné, plus barbouillé que d’ordinaire. Contre toute attente, moins capon, il s’était laissé caresser un bref instant, puis elle lui avait promis un petit bol de crème qui avait su émoustiller sa gourmande curiosité.

Elle imaginait qu’il était le lointain descendant d’un patte-pelu de gouttières grandi dans quelque faubourg de Londres, que le capitaine Cook avait offert en 1769 à un ar’ii-maro’ura, un roi des temps anciens.

Toute la journée, son imagination l’avait torturée ; elle refusait de se laisser bercer pas de douces, par de trompeuses illusions.

Le soir même, il serait très certainement reparti comme il était venu.

Ces chats à moitié errants, malmenés par l’égoïsme des Hommes, apprenaient à se débrouiller seuls, et ils survivaient grâce à leur roublardise.

Bénéficiaires, dans le meilleur des cas, de hasardeuses rencontres.

À dix-huit heures, alors qu’elle rentrait du travail, elle le découvrit sagement allongé sur le béton du carport, en face du portail.

La tête redressée, ses deux petites pattes blanches parfaitement alignées, il affichait le solennel recueillement de l’écolier qui guette le retour en classe de sa maîtresse d’école.

Sa joie avait été si profonde qu’elle en avait pleuré.

Ce petit chat que la voiture n’effrayait pas et qui bondissait à sa rencontre lui faisait clairement comprendre que c’était lui qui avait choisi sa nouvelle maison, et elle pour compagne.

Elle allait nouer avec lui un fragile lien de confiance.

L'offrande à ses longues moustaches d'un morceau de bonite permettrait de sacraliser l'alliance de cette entente cordiale.

D'abord circonspect, les caresses et les plaisirs de la table avaient eu promptement raison des ultimes frissons de méfiance.

Il s’approchait à pas feutrés de la gamelle, reniflait le ma'a, et avec une componction de séminariste, savourait sa pitance en ronronnant.

Il avait des yeux magnifiques.

Des yeux couleur d'orange.

Intenses

profonds

reconnaissants et facétieux

Infiniment.

Pas des yeux de chat, tels que les sots les décrivent, prétendument emplis de sournoiserie, cruels, et presque vipérins.

Non.

Deux petites billes d'ambre et d'amour.

Incandescentes.

Critiques des lecteurs

 

"Un récit bouleversant"

 

"J’ai tellement apprécié cette histoire de chat que je vais la faire lire à mes enfants ! Elle est belle, simple, amusante et triste à la fois et elle permet de s’évader à Tahiti ! Je crois qu’elle peut plaire à tout le monde, à tous les âges. À conseiller sans réserve ! "

 

"Un bijou, ce conte philosophique.

Extraordinaire !…"

"Titus est une ode à l'amour et à l'amitié. Avec une écriture vraiment très agréable à lire. Et que le vocabulaire est beau et fin ! "

"L'histoire de Titus, le petit chat tahitien, est merveilleuse de sensibilité. Une histoire bouleversante qui joue avec les codes narratifs : est-ce un conte ou bien une nouvelle ?

Un roman ou bien une parabole ? L'auteur mêle deux histoires, celle d'un chat et, en parallèle, celle d'un couple. Il nous propose  en somme une double relation amoureuse

tissée entre ses trois personnages. L'intrigue se déploie alors, implacable. Le lecteur est emporté dans le flux simple, sensible et beau des événements. Un livre que je conseille à tous, petits et grands."

L'histoire véridique du petit chat tahitien

a également inspiré

Corinne Tempia, auteure du recueil : 

Maeva et le chat Pirate et autres Contes 

(Le Lys bleu éditions). 

Corinne Tempia Bondat

      Maeva et le chat Pirate et autres Contes donne une nouvelle vie aux contes traditionnels à travers cinq histoires captivantes. Ces récits explorent l'enfance, l'ouverture au monde, les rencontres avec autrui et questionnent notre propre identité, dans une danse mystérieuse avec la vie. L'amitié entre des enfants et leur chat est magnifiquement dépeinte dans ces cinq histoires émouvantes. Plongez dans ce voyage de rêve et d'évasion vers les îles magiques de la Polynésie française.

Critiques des lecteurs

"Un petit bijou de sensibilité !"

 

"Les cinq contes qui composent le recueil Maeva et le chat Pirate se dégustent comme des pâtisseries gourmandes de chez Pierre Hermé. Se dégagent de ces histoires d’enfants et de chats une grande sensibilité, un amour délicat des êtres et des choses caressant sans volonté démonstrative les sujets les plus divers : la quête de soi, l’ouverture aux autres, l’abandon, la solitude ou la mort. C’est beau et tendre, léger et profond. Et l’écriture devient musique. Cinq variations qui nous emportent loin, très loin des aspérités du quotidien, jusqu’aux rivages enchantés des îles polynésiennes."

 

"La finesse de l'écriture de Corinne Tempia contribue à l'émotion que l'on ressent à la lecture de ces histoires de chats "polynésiens", magnifique prétexte à l'exploration de sentiments humains."

"Les cinq contes de Maeva et le chat Pirate mettent en lumière la sensibilité et l'amour des animaux, si bien retranscrits par Corinne Tempia."

"Ces cinq contes m'ont touchée, émue et attendrie.

L'auteure sait captiver le lecteur et maintenir le suspens.

 Merveilleux contes pour enfants et adultes"

"Les contes ou nouvelles de Corinne Tempia sont diablement touchants.

Certains sont drôles.

D’autres font pleurer.  

Deux niveaux de lecture s’offrent à nous. C’est le propre du genre. Le premier est de pur divertissement. Alternent tendresse et tragédie. Le style est fluide, élégant, d’une grande richesse évocatrice. On est emporté par la narration.

Jamais fade. Jamais simpliste. Jamais exotique au sens trivial du terme. Le second niveau aborde des thématiques plus graves, éternelles : mes liens au monde, aux autres, à la famille ou aux amis, la perte d’un être cher, la construction de mon identité… 

Il y a un chat dans chaque histoire.

Un authentique chat mais dont on comprend qu’il est métaphore ou allégorie pour les mystères du sens. Comme chez Perrault, Grimm ou Andersen, ces beaux récits permettent au lecteur d’ouvrir mille fenêtres par lesquelles s’engouffreront les vents de la vie, des interrogations, du rêve, de l’imaginaire. À n’en pas douter, Maeva et le chat Pirate va devenir très bientôt un classique de la littérature dite de jeunesse." 

      Il s'agit d'une quête amoureuse, d'un naufrage dans la vénéneuse porosité de deux univers : celui de la réalité qui se plaît à brouiller les pistes et celui que l'on appellera par commodité virtualité ou imaginaire. Les personnages les plus importants du récit ce sont deux femmes, indubitablement, et non le narrateur que le destin condamne à l'attente, à une forme d'inertie. Deux héroïnes qui pourraient n'en faire qu'une : la « petite Renarde », Lo, et puis Tina. C'est autour d'elles que se dessine la géographie mélancolique de cette errance des sentiments. Le roman d'Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, aura été le point de départ de ce projet d'écriture et L'Amant d'éternité lui rend hommage en maint endroit. 

      Il s'agit d'une quête amoureuse, d'un naufrage dans la vénéneuse porosité de deux univers : celui de la réalité qui se plaît à brouiller les pistes et celui que l'on appellera par commodité virtualité ou imaginaire. Les personnages les plus importants du récit ce sont deux femmes, indubitablement, et non le narrateur que le destin condamne à l'attente, à une forme d'inertie.

Deux héroïnes qui pourraient n'en faire qu'une : la « petite Renarde », Lo, et puis Tina. C'est autour d'elles que se dessine la géographie mélancolique de cette errance des sentiments. Le roman d'Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, aura été le point de départ de ce projet d'écriture et L'Amant d'éternité lui rend hommage en maint endroit. 

      Il s'agit d'une quête amoureuse, d'un naufrage dans la vénéneuse porosité de deux univers : celui de la réalité qui se plaît à brouiller les pistes et celui que l'on appellera par commodité virtualité ou imaginaire. Les personnages les plus importants du récit ce sont deux femmes, indubitablement, et non le narrateur que le destin condamne à l'attente, à une forme d'inertie. Deux héroïnes qui pourraient n'en faire qu'une : la « petite Renarde », Lo, et puis Tina. C'est autour d'elles que se dessine la géographie mélancolique de cette errance des sentiments. Le roman d'Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, aura été le point de départ de ce projet d'écriture et L'Amant d'éternité lui rend hommage en maint endroit. 

Extrait de la préface de L’Amant d’éternité, écrite par Jacques Cassabois :

      Un roman qui s’apparente à une odyssée amoureuse entre Tahiti, Bordeaux et Bruxelles, autour de variations inspirées par Facebook, avec des songes que l’on ne transforme peut-être pas toujours en questions afin de n’avoir pas à leur apporter de réponses et pour naviguer plus librement ensuite sur l’horizon des possibles.

Phrases au cordeau, sobriété, pas de lourdeur, pas d’insistance à démontrer, et puis une finesse, une élégance qui dénotent une sensibilité qui frémit, qui tremble, qui cherche la beauté des êtres et qui la trouve, et une fois qu’il la tient, l’exalte, lui fait rendre les eaux, celles de la naissance, car c’est à une naissance que l’on assiste, des eaux qui se changent souvent en nectar, et enfin sait faire partager tout ça. 

Extrait
 

      Elle cultiverait jusqu’à la fin de sa vie un lien charnel, organique, avec la terre d’Islande. Et lorsqu’elle lui parlait de cette immersion qui pouvait se prolonger plusieurs semaines, lui revenaient en mémoire des passages entiers d’un roman de Michel Tournier, Vendredi ou la Vie sauvage, à moins que ça ne fût Les Limbes du Pacifique, il ne saurait le dire, dans lequel il se souvenait que Robinson, au terme d’un processus de lente déshumanisation, parce qu’en proie à un terrible désespoir, s’enfonçait nu dans un boyau de la terre & se lovait là, en position fœtale, dans cette matrice originelle, avec l’illusoire espérance de pouvoir remonter à la source du Temps pour que fussent effacés les saignants stigmates du spleen.

Elle y retournerait épisodiquement quand la crise menaçait d’être plus puissante que sa volonté.

Faisant fi de tout, de son mari, de sa fille, de l’affection ténue qu’elle ressentait encore pour sa mère, elle se rendait à Charleroi en voiture, n’emportant rien, hormis sa carte bancaire & le passeport, embarquait dans le premier avion pour Reykjavik. Un taxi la déposait devant une toute petite maison peinte en bleu, acquise des années auparavant, située non loin du glacier Langjökull.

Isolée de tout – il fallait emprunter un chemin particulièrement accidenté de rhyolite & d’obsidienne sur plus d’un kilomètre pour la rejoindre –, elle surgissait de sa gangue minérale, fantomatique & altérable.

Elle aimait la sérénité du lieu. Elle aimait, la nuit venue, le bercement rauque de la Gullfoss & le froid vif, qui mordait son corps, qu’elle laissait nu, la transfusait d’énergie vitale.

LO l’attendrait dans l’appartement qu’elles possédaient à Louvain-la-Neuve ; ses caresses tiendraient lieu de reproches, par ses baisers elle serait pardonnée.

Critiques des lecteurs

"Avec L’Amant d’éternité je suis entré pleinement dans le tourbillon de personnages qui sont tout sauf immobiles. J’ai beaucoup aimé les ellipses temporelles et la profondeur des situations et des sentiments jusqu’au dénouement, dont je ne dis rien ! Dans Palazzo Amadio vous réussissez à créer un climat dense et particulier par cet enfermement stressant dont on ne sait plus s’il est réel ou le fruit d’errances oniriques. Les concepts freudiens contribuent à construire l’atmosphère où naissent les fantasmes. L’inconscient est là et le surmoi s’efface jusqu’à l’ultime… Une écriture ciselée, des descriptions et des portraits précis, des références artistiques pertinentes concourent à la réelle qualité des deux ouvrages. Bravo."

"L’Amant d’éternité c’est une suite de surprises. De petites découvertes. De fausses pistes et de grandes beautés.

La première, c’est d’apprendre qu’un homme que vous connaissez a écrit un roman. Et qu’il l’a publié. Qu’il a eu l’énergie, le courage, la patience, la ténacité. Qu’il est allé au bout. De cette démarche si intime et si dangereuse pour soi. Où l’on remet à d’autres le soin de dire ce que l’on vaut ou ce que l’on ne vaut pas. Il a eu ce courage là.

La seconde c’est une couverture. C’est une vahiné alanguie dans un cadre où on ne la trouvera pas. Parce ce que L’Amant d’éternité ne sera pas ce que l’on croit. Pas d’amours tahitiennes. Pas d'atolls ni de farés. Pas de fleurs d’hibiscus ni de tiaré. Juste un homme qui loin de tout. Sous les plus beaux ciels du monde. Aime deux femmes qui ne sont pas là. Des voix. Des lointaines. Des inaccessibles. Un homme qui se raccroche à la vie à ne la vivre pas, à la rêver.

Il n’y aura d’étreinte, ni de chair. Juste une histoire. Ou deux. Peut-être trois. Celle d’une femme brisée. Celle d’un homme si seul qu’il la rejoint sans espoir de l’atteindre. Et celle qui s’écrit de leurs deux parcours lointains. Où se mêle une troisième voix. La voix de celle qui relie les vivants et les morts.

L’Amant d’éternité n’est jamais ce que l’on croit. Et la plus belle des surprises est d’avoir peur d’être déçue et de ne l’être pas. De refermer le petit livre bleu et de sentir palpiter trois êtres qui ne sont plus que deux. Qui l’ont peut-être toujours été. Et qui vivent dans leur monde de papier. Parce qu’un homme a osé. Et qu’il a bien fait.

De nous surprendre. "

Les Métamorphoses
d'un Vampire

(2019)

     Dans un poème extrait des Épaves, Charles Baudelaire évoquait une femme tout à la fois séductrice et vénéneuse, prêtresse de la beauté et de l'amour, mais aussi déesse païenne à qui l'homme rend un culte érotique et sanglant. Elle l'aimante dans l'espoir de tarir son inspiration et de le détruire. Ce roman met en scène, lui aussi, une figure féminine hors du commun qui entraîne le héros dans les mailles inextricables d'une effroyable machination.

Les Métamorphoses d'un Vampire n'est pas un roman fantastique mais un thriller psychologique résolument contemporain qui offre au lecteur, jusque dans ses dernières lignes, une chronique criminelle originale et haletante.

      Dans un poème extrait des Épaves, Charles Baudelaire évoquait une femme tout à la fois séductrice et vénéneuse, prêtresse de la beauté et de l'amour, mais aussi déesse païenne à qui l'homme rend un culte érotique et sanglant. Elle l'aimante dans l'espoir de tarir son inspiration et de le détruire. Ce roman met en scène, lui aussi, une figure féminine hors du commun qui entraîne le héros dans les mailles inextricables d'une effroyable machination.

Les Métamorphoses d'un Vampire n'est pas un roman fantastique mais un thriller psychologique résolument contemporain qui offre au lecteur, jusque dans ses dernières lignes, une chronique criminelle originale et haletante.

Extrait

     Dans un poème extrait des Épaves, Charles Baudelaire évoquait une femme tout à la fois séductrice et vénéneuse, prêtresse de la beauté et de l'amour, mais aussi déesse païenne à qui l'homme rend un culte érotique et sanglant. Elle l'aimante dans l'espoir de tarir son inspiration et de le détruire. Ce roman met en scène, lui aussi, une figure féminine hors du commun qui entraîne le héros dans les mailles inextricables d'une effroyable machination.

Les Métamorphoses d'un Vampire n'est pas un roman fantastique mais un thriller psychologique résolument contemporain qui offre au lecteur, jusque dans ses dernières lignes, une chronique criminelle originale et haletante.

    Mais c’étaient les sorties en bateau sur le Bassin qui plus que tout ravissaient Sarah.

On s’engageait dans le Chenal de Ville pour remonter plus au Nord de L’Île aux Oiseaux vers un estey que l’on aimait bien où serait mouillée l’ancre. Partis avant midi, on profiterait des plaisirs simples qu’offrait le Bassin à la belle saison jusqu’au soir, à moins que Sarah ne voulût dormir cette nuit-là à bord du Cap Camara. En semaine il arrivait que l’on fût seuls. La marée basse avait mis à nu sous l’effleurant miroir des flaques, de longues écharpes de varech qui jouaient dans la chaleur du soleil une danse bronze et grise. Quand la mer remontait, elles réchauffaient la température de l’eau et rendaient la baignade délicieuse. Sarah se laissait glisser nue vers les embrassements de l’onde et les cheveux fins et doux de la lige venaient la caresser dans l’étirement infini du courant. Elle nageait un peu, reprenait pied sur la mousse tendre des vasières, rejoignait le ponton où, offerte au soleil, elle ne pensait plus à rien, s’abandonnant aux sensations de l’instant, aux lancinants caprices du corps qui demandait qu’on l’honorât encore, et plus encore que l’homme ne le pouvait. Au crépuscule, dans la lumière embrasée des premiers bâillements de la nuit, on entendait les ailes des grands cygnes dont la pointe effeuillait la surface des eaux. Ils regagnaient la côte vers la clinique d’Arès avec la marée nouvelle ou trouveraient refuge pour la nuit sur L’Île aux Oiseaux.

Sarah regretterait que ce dernier été Pierre L… n’eût pu organiser comme il le faisait chaque année ces drôles de concerts flottants dont on suivait les notes endiablées de Piraillan au Canon. Il chargeait sa barge ostréicole d’amis musiciens, d’un barda impressionnant d’instruments, de sonos et de caisses de rosé. Cet Argos improbable attirait à lui un nombre important d’embarcations qui suivraient le cortège. On progressait à petite vitesse, ralentis par les dangers que multipliaient pareille promiscuité et celui plus capricieux des vapeurs de l’alcool car on s’amusait sans retenue ces soirs d’été, on chantait, on reprenait en chœur des tubes de jeunesse comme Symphony for the Devil des Rolling Stones, on acclamait les artistes, on acoquinait les bateaux les uns avec les autres pour que circulent dans l’extraordinaire maelstrom de cette fiesta improvisée pâtés, jambons ou canettes de bière. Les plus courageux s’amarreraient au ponton du Canon et termineraient la soirée autour d’un barbecue de fortune sur la plage.

À l’occasion du 15 août, Sarah n’aurait manqué pour rien au monde le baptême rituel des bateaux  puis le déjeuner partagé en d’immenses tablées sur la place du Canon... 

Au début du mois de septembre, Michel avait demandé à Sarah de l’aider à préparer un anniversaire surprise à son épouse pour la célébration de ses soixante-dix ans. La fête aurait lieu chez Jean-Philippe. Ce fut un extraordinaire week-end de liesse. On avait loué un barnum qui avait été installé sur la terrasse, on avait dressé des buffets à volonté, le champagne avait coulé à flot, on avait dansé toute la nuit. Sarah portait pour l’occasion une robe très courte qui mettait en valeur ses jambes ambrées par le soleil. À la vue des photos il semblait évident que tous avaient dû remarquer que Mademoiselle Sarah-Minette ne s’était encombrée d’aucun accessoire superflu. Michel savait que Sarah adorait tout organiser, que rien ne la rendait plus heureuse que ces mises en scène mondaines. Il lui avait laissé carte-blanche, libre à elle de faire comme bon lui semblait. Il s’était contenté de signer les chèques. 

 

Le regard de Lou se noyait dans la galerie des photos que Jean-Philippe lui avait envoyées. 

Sur chacune d’elles Sarah aimantait les regards et la lumière, dans l’épanouissement contagieux de son bonheur. 

Extrait

      Mais c’étaient les sorties en bateau sur le Bassin qui plus que tout ravissaient Sarah.

On s’engageait dans le Chenal de Ville pour remonter plus au Nord de L’Île aux Oiseaux vers un estey que l’on aimait bien où serait mouillée l’ancre. Partis avant midi, on profiterait des plaisirs simples qu’offrait le Bassin à la belle saison jusqu’au soir, à moins que Sarah ne voulût dormir cette nuit-là à bord du Cap Camara. En semaine il arrivait que l’on fût seuls. La marée basse avait mis à nu sous l’effleurant miroir des flaques, de longues écharpes de varech qui jouaient dans la chaleur du soleil une danse bronze et grise. Quand la mer remontait, elles réchauffaient la température de l’eau et rendaient la baignade délicieuse. Sarah se laissait glisser nue vers les embrassements de l’onde et les cheveux fins et doux de la lige venaient la caresser dans l’étirement infini du courant. Elle nageait un peu, reprenait pied sur la mousse tendre des vasières, rejoignait le ponton où, offerte au soleil, elle ne pensait plus à rien, s’abandonnant aux sensations de l’instant, aux lancinants caprices du corps qui demandait qu’on l’honorât encore, et plus encore que l’homme ne le pouvait. Au crépuscule, dans la lumière embrasée des premiers bâillements de la nuit, on entendait les ailes des grands cygnes dont la pointe effeuillait la surface des eaux. Ils regagnaient la côte vers la clinique d’Arès avec la marée nouvelle ou trouveraient refuge pour la nuit sur L’Île aux Oiseaux.

Sarah regretterait que ce dernier été Pierre L… n’eût pu organiser comme il le faisait chaque année ces drôles de concerts flottants dont on suivait les notes endiablées de Piraillan au Canon. Il chargeait sa barge ostréicole d’amis musiciens, d’un barda impressionnant d’instruments, de sonos et de caisses de rosé. Cet Argos improbable attirait à lui un nombre important d’embarcations qui suivraient le cortège. On progressait à petite vitesse, ralentis par les dangers que multipliaient pareille promiscuité et celui plus capricieux des vapeurs de l’alcool car on s’amusait sans retenue ces soirs d’été, on chantait, on reprenait en chœur des tubes de jeunesse comme Symphony for the Devil des Rolling Stones, on acclamait les artistes, on acoquinait les bateaux les uns avec les autres pour que circulent dans l’extraordinaire maelstrom de cette fiesta improvisée pâtés, jambons ou canettes de bière. Les plus courageux s’amarreraient au ponton du Canon et termineraient la soirée autour d’un barbecue de fortune sur la plage.

À l’occasion du 15 août, Sarah n’aurait manqué pour rien au monde le baptême rituel des bateaux  puis le déjeuner partagé en d’immenses tablées sur la place du Canon... 

Au début du mois de septembre, Michel avait demandé à Sarah de l’aider à préparer un anniversaire surprise à son épouse pour la célébration de ses soixante-dix ans. La fête aurait lieu chez Jean-Philippe. Ce fut un extraordinaire week-end de liesse. On avait loué un barnum qui avait été installé sur la terrasse, on avait dressé des buffets à volonté, le champagne avait coulé à flot, on avait dansé toute la nuit. Sarah portait pour l’occasion une robe très courte qui mettait en valeur ses jambes ambrées par le soleil. À la vue des photos il semblait évident que tous avaient dû remarquer que Mademoiselle Sarah-Minette ne s’était encombrée d’aucun accessoire superflu. Michel savait que Sarah adorait tout organiser, que rien ne la rendait plus heureuse que ces mises en scène mondaines. Il lui avait laissé carte-blanche, libre à elle de faire comme bon lui semblait. Il s’était contenté de signer les chèques. 

 

Le regard de Lou se noyait dans la galerie des photos que Jean-Philippe lui avait envoyées. 

Sur chacune d’elles Sarah aimantait les regards et la lumière, dans l’épanouissement contagieux de son bonheur. 

Extrait

     Dans un poème extrait des Épaves, Charles Baudelaire évoquait une femme tout à la fois séductrice et vénéneuse, prêtresse de la beauté et de l'amour, mais aussi déesse païenne à qui l'homme rend un culte érotique et sanglant. Elle l'aimante dans l'espoir de tarir son inspiration et de le détruire. Ce roman met en scène, lui aussi, une figure féminine hors du commun qui entraîne le héros dans les mailles inextricables d'une effroyable machination.

Les Métamorphoses d'un Vampire n'est pas un roman fantastique mais un thriller psychologique résolument contemporain qui offre au lecteur, jusque dans ses dernières lignes, une chronique criminelle originale et haletante.

L'actrice italienne Giulia Ramires lit un extrait des Métamorphoses d'un Vampire

L'actrice italienne Giulia Ramires lit un extrait des
                  Métamorphoses d'un Vampire

L'actrice italienne Giulia Ramires lit un extrait des
                  Métamorphoses d'un Vampire

Critiques des lecteurs

     

"Un roman passionnant, une belle écriture. Un ouvrage qui marque le lecteur. Dès les premières pages, on est pris par le récit et on ne peut le quitter avant la fin. Je le recommande. Un auteur talentueux."

 

"Magnifique hommage aux hommes, pour ce roman diabolique à la plume parfaite. A lire sans modération, à voir sans hésitation !"

 

"Captivant, passionnant, à lire d’une traite !"

 

"Un livre que l'on dévore quasiment d'une traite : aucun temps mort, le puzzle se construit au fur et à mesure, à l'image des meilleurs scénarios hitchcockiens. Du début du roman à la dernière ligne, comme si nous, lecteurs, étions des anges gardiens en capacité d'accompagner le héros, nous parcourons les pages avec impatience, jusqu'au dénouement. Le cadre et l'environnement de la région bordelaise sont superbement mis en valeur. Les images défilent dans l'esprit du lecteur au fil des pages. Comme le disait Hitchcock dans ses interviews avec François Truffaut : "Plus réussi est le méchant, meilleur est le film". Entre des ambiances dignes de "Vertigo" ou encore "Les Diaboliques" de Clouzot, nul doute que la citation du Maître du suspense est particulièrement valable pour ce roman, qui, de toute évidence, mériterait une adaptation cinématographique."

 

"Un roman choc !"

 

"Ce roman diabolique nous entraîne dans les méandres inextricables d'une machination. L'héroïne, une sociopathe, s'applique à détruire méthodiquement son partenaire... Un roman puissant, à l'écriture maîtrisée, "cinématographique". Un roman d'amour et un thriller, dans la tradition des plus grands maîtres du genre."

 

"Haletant !"

 

"Un roman d'une maîtrise parfaite, au style chirurgical, nous tenant jusqu'au bout dans les filets terrifiants d'une femme vénéneuse et manipulatrice !! Un livre qu'on aimerait voir adapté au cinéma !! A découvrir sans hésiter."

"Un livre incontournable !

A lire absolument, il vous tient en haleine jusqu'à la fin.

Belle plume !"

"Un bon fauteuil confortable, un plaid douillet et un ouvrage de Jean Rasther ! Le trio idéal pour passer une bonne soirée. Mais attention, vous risquez de vous coucher tard ! Une fois le livre ouvert, difficile de le lâcher avant la fin… Mes deux préférés ? Les Métamorphoses d’un Vampire et Casus Belli. 

Le premier vous tiendra en haleine de la première à la dernière ligne.

Le second vous ravira par sa lucidité sur l’état de l’école française, tout en vous offrant une fin émouvante."

Jean Rasther en compagnie de
Leïla Bekhti et Géraldine Nakache.
 Bordeaux le 26 août 2019.

"A lire absolument !!!! Je viens de terminer ce roman que j’ai beaucoup aimé, il est parfait même pour les gens qui n’aiment pas trop lire, comme moi. L’auteur nous emmène avec beaucoup de sensibilité et de rebondissements à travers cette histoire captivante et surprenante. On s’échappe complètement dans ces pages et on y découvre une réalité poignante sur la complexité de la perversion féminine. Les nombreux détails nous permettent de rentrer complètement dans l’histoire qu’on vit comme si on y était."

Les médias en parlent...

2 mai 2021

Jean Rasther était l’invité de Sophie Carou-Rivaud et de Carole Le Kouddar Martinez, vendredi 20 décembre 2019, à La Rochelle, 

pour l'enregistrement de l'émission radiophonique de RCF: 

« Il est grand temps de rallumer les étoiles! »

L’occasion pour l’auteur de présenter son roman Les Métamorphoses d’un Vampire.

     Il est américain. Romancier. Il a fui Boston pour de mystérieuses raisons. S'est installé à Venise.

Un étrange chien jaune qui semble sorti d'un tableau de Gauguin entraîne l'homme, ce midi-là, jusqu'à un palais que nul ne connaît plus, perdu au fond d'une calle, sur l'île de la Giudecca. C'est le Palazzo Amadio. Tout donne à croire qu'il est abandonné, comme victime d'un sortilège. Une femme attend cet homme. Et avec elle, les ombres menaçantes de la déesse Sothis. Un voyage vertigineux dans les méandres de la conscience. Une quête tragique de la beauté et de l'art.

     Il est américain. Romancier. Il a fui Boston pour de mystérieuses raisons. S'est installé à Venise.

Un étrange chien jaune qui semble sorti d'un tableau de Gauguin entraîne l'homme, ce midi-là, jusqu'à un palais que nul ne connaît plus, perdu au fond d'une calle, sur l'île de la Giudecca. C'est le Palazzo Amadio. Tout donne à croire qu'il est abandonné, comme victime d'un sortilège. Une femme attend cet homme. Et avec elle, les ombres menaçantes de la déesse Sothis. Un voyage vertigineux dans les méandres de la conscience. Une quête tragique de la beauté et de l'art.

Extrait

      Souvent les ruelles à Venise jouent au flâneur la surprise d’un cul-de-sac. Elles déversent la dynamique des pas sur les eaux inattendues d’un canal et il n’est alors d’autre solution que de rebrousser piteusement chemin en maudissant son sens de l’orientation mais la Calle Manzoni se prolongeait sur un petit pont en bois. Il enjambait un bras d’eau si étroit qu’un enfant aurait pu le franchir d’un bond paresseux. Son architecture, très épurée, arrêta un instant le regard de l’homme. Le tablier était composé de planches parfaitement jointes à la manière d’un parquet à la française et seules deux lisses, arrondies en hémicycle, reliaient entre elles les rives. Aucun pavois, nulle jambette, pas la moindre pièce de bordage intérieur pour habiller la structure de ce pont comme sorti d’un songe ou d’un univers de fantaisie. Deux jardinières bleues de ciel avaient été disposées sur chacun des arcs, en suspension au-dessus des eaux du canal, pour que le passage exigu ne fût pas gêné, et elles débordaient d’une masse exubérante de végétation en vigoureux aplats de vert et de rouge exhalant des notes de rose des temps passés et de menthe.

Le chien jaune avait disparu mais l’homme n’y pensait déjà plus.

Il arrêta ses pas au milieu du pont pour essayer de se repérer et crut reconnaître au loin, par-delà le moutonnement confus des toits, le clocher de Santa Eufemia, surmonté de sa croix minuscule de fer forgé.

  Élise Louis Treserras

Critiques des lecteurs

"Un récit onirique à la beauté hors du temps.

J'ai beaucoup aimé cet hommage à la langue, au mot rare (ah ! Huysmans...), à la splendeur onirique de Venise, ses descriptions sensualistes pour ne pas dire sensuelles, le mysticisme, la spiritualité, aussi, qui teintent largement ce récit. La beauté qui parcourt ces pages est en soi une trame "solide", elle est l'armature même du récit où passe constamment une sorte de flou rêveur, un sfumato léger qui rappelle, sans peser, la perspective atmosphérique des peintres de la Renaissance."

 

"J’ai aimé le style, la poésie. Le lecteur est embarqué dans cette quête, et partage avec émotion les sentiments du héros."

 

"Chef d'œuvre !

Ce petit roman permet un voyage (dont on ne sait s'il est réel ou onirique) dans les couloirs d'un mystérieux palais vénitien, le Palazzo Amadio. Le lecteur est emporté par la beauté de la langue et par une atmosphère incroyable, tout à la fois grisante & inquiétante. Un très beau récit qui donne envie de prendre le premier avion pour la Sérénissime et mener sa propre enquête !"

"Ce roman est un bijou d'élégance, c'est presque de la poésie car la langue est très travaillée. L'histoire nous emmène à Venise, dans un palais étrange, abandonné, et le héros vit dans ses murs une expérience inattendue et terrible. C'est difficile de définir Palazzo Amadio.

Jean Rasther nous propose une réflexion sur l'art et sur la beauté.

Mais on peut lire ce roman comme une aventure policière ou fantastique.

Il s'amuse à brouiller les pistes.

Une chose est sûre, c'est merveilleusement bien écrit !

Celles et ceux qui aiment le grand style seront comblés.

Merci Monsieur Rasther pour cette incroyable lecture !

Je re-découvre grâce à vous le plaisir de lire ! J'attends avec impatience votre prochaine publication !"

 

"Je viens de terminer le magnifique roman fantastique Palazzo Amadio de Jean Rasther qui nous transporte dans les mystères de Venise et les rituels magiques de l'Egypte ancienne, rencontre de deux mondes sensuels, entre jeux de l'amour et de la mort. Le présent est en train de détruire cette magie de la ville des amoureux, le carnaval avec ses personnages féériques est en deuil. Il ne reste que le rêve qui aujourd'hui est devenu cauchemar pour les Vénitiens. Alors pour entretenir vos rêves, rendez-vous avec ce roman dont je vous recommande la lecture, passionnante."

 

"D'emblée, et que cela vous rassure, j'ai aimé. Moi qui suis, comme vous, apparemment, un nostalgique de "l'esthétique fin de siècle", j'y ai retrouvé de bien beaux échos à Pierre Louÿs (d'ailleurs cité), au "club des longues moustaches" lustrées au symbolisme ambiant : Régnier, Vaudoyer, Miomandre, Du Bos etc., auxquels j'ai souvent rendu hommage sous le Chinois du Florian..., et même au maître absolu de cette génération : John Ruskin, pour n'évoquer que son emblématique "The stones of Venice". Y passe, aussi, l'ombre d'un des grands élus de mon panthéon personnel : André Suarès. En bref, vous l'aurez compris, j'étais en terre de connaissance, d'autant que, comme vous, je connais bien Venise, cette "Cybèle marine" si chère à Byron."

"Un roman profond ou la curiosité est un vilain défaut!" 

Jean Rasther et Patrick Tudoret en dédicaces à la librairie Peiro-Caillaud à Saintes

Jean Rasther en compagnie de l'écrivain.
Patrick Tudoret

Blog d'Hélène Sadaune Luxeavenise 30 avril 2021

      Ces nouvelles bouleversantes nous invitent à découvrir le destin de huit femmes dans un voyage où se mêlent féminité du visible et féminin de l'intime. La féminité, c'est le corps, l'apparence, les charmants accessoires de la séduction. Le féminin est au contraire tout intérieur, secret, porteur de fantasmes ou bien d'angoisses. Si le corps est féminité, le féminin est la chair, l'invisible, ce qui palpite doucement sous la peau. C'est aussi le jardin des délices, celui de toutes les sensorialités, ce qui apparaît quand le corps est caressé, entaillé ou coupé, quand il s'offre, suinte, ou saigne. (*) Les huit femmes de ce recueil désirent, aiment, luttent et souffrent, mais elles sont avant tout vivantes. Ce voyage nous raconte leur histoire.

(*) Corinne Vera - Entretiens

     Ces nouvelles bouleversantes nous invitent à découvrir le destin de huit femmes dans un voyage où se mêlent féminité du visible et féminin de l'intime. La féminité, c'est le corps, l'apparence, les charmants accessoires de la séduction. Le féminin est au contraire tout intérieur, secret, porteur de fantasmes ou bien d'angoisses. Si le corps est féminité, le féminin est la chair, l'invisible, ce qui palpite doucement sous la peau. C'est aussi le jardin des délices, celui de toutes les sensorialités, ce qui apparaît quand le corps est caressé, entaillé ou coupé, quand il s'offre, suinte, ou saigne. (*) Les huit femmes de ce recueil désirent, aiment, luttent et souffrent, mais elles sont avant tout vivantes. Ce voyage nous raconte leur histoire.

(*) Corinne Vera - Entretiens.

Extrait

Frau Klara Oberheuser


      Tu vois, Hannah, ça se passait à l’entrée du camp de Bergen-Belsen, juste au pied des grilles de fer massives.

Le destin avait choisi pour ton grand-père Victor et pour moi, ce jour de mars 1945, comme point de ralliement de notre première rencontre, le onzième commandement nazi, le Arbeit macht frei.

Et il m’avait choisie, moi, parmi les rescapées du camp ayant survécu à la malnutrition, aux maladies, aux sévices quotidiens, au gazage dans les camions ou dans les vastes chambres bétonnées, aux exécutions, le soir, après l’appel, aux expériences monstrueuses surtout, orchestrées par le médecin SS Gebhardt et son acolyte, la douce, la caressante Klara Oberheuser.

Je te raconterai peut-être un jour comment elle sélectionnait les plus jolies parmi nous, les moins abîmées, celles qui avaient farouchement combattu dans le royaume des ombres contre les mille visages de la douleur et de la mort, des adolescentes toujours, à peine fleuries de l’enfance.

Aucune n’était revenue du bloc 14 où se trouvaient son bureau et une austère pièce de repos, mais des rumeurs circulaient malgré tout.

On disait qu’Oberheuser faisait soigneusement toiletter et apprêter ses jeunes victimes en premières communiantes pour les violer discrètement ensuite dans leur jolie petite robe blanche que l’Administration du camp commandait à Berlin, chez Wertheim.

Elle m’avait remarquée un jour, Klara.

Elle avait failli me désigner du doigt au Kapo qui l’accompagnait, un flandrin sournois qui aurait vendu père ou mère contre un quignon de pain ou une ration supplémentaire de soupe.

Nous étions alignées, tordues, pouilleuses, rachitiques, pitoyables.

J’avais conservé cependant une vague apparence humaine.

Ma poitrine, étrangement, n’avait que peu fondu en dépit d’une maigreur que je percevais effrayante.

Elle avait failli me désigner, Klara.

Son regard s’était longuement arrêté sur mes seins.

Ensuite, avec une nonchalance très étudiée, elle s’était avancée vers moi.

L’odeur et les souillures, elle ne les avait pas remarquées, de prime abord.

Comme la plupart de mes camarades, je souffrais de dysenterie, Hannah.

Nous en souffrions toutes, immanquablement.

La manière alors dont elle a tourné les talons, mécanique, nerveuse, aurait été presque comique dans un tout autre contexte.

Comme si de rien n’était, elle a repris sa tournée d’inspection d’une démarche très lente et chaloupée, comme ralentie par l’épaisseur ténébreuse de ces milliers d’innocentes dont la folie nazie avait nié la part charnelle d’humanité depuis 1942.

À défaut de torturer la fermeté miraculeuse d’un sein ou la sécheresse infectieuse d’un vagin, elle se contenterait ce jour-là de prélever sur la jambe encore à peu près saine d’une lapine du camp - c’est comme cela que l’on surnommait les déportées -, des paquets de chair vive pour y injecter la culture grouillante de bacilles, ad majorem gloriam scientiae.

Je dois mon salut à de la merde.

 

À une odeur de merde.

     Ces nouvelles bouleversantes nous invitent à découvrir le destin de huit femmes dans un voyage où se mêlent féminité du visible et féminin de l'intime. La féminité, c'est le corps, l'apparence, les charmants accessoires de la séduction. Le féminin est au contraire tout intérieur, secret, porteur de fantasmes ou bien d'angoisses. Si le corps est féminité, le féminin est la chair, l'invisible, ce qui palpite doucement sous la peau. C'est aussi le jardin des délices, celui de toutes les sensorialités, ce qui apparaît quand le corps est caressé, entaillé ou coupé, quand il s'offre, suinte, ou saigne. (*) Les huit femmes de ce recueil désirent, aiment, luttent et souffrent, mais elles sont avant tout vivantes. Ce voyage nous raconte leur histoire.

(*) Corinne Vera - Entretiens.

 Le 12 mars 1943, Czeslawa Kwoka, une adolescente polonaise de 14 ans, succombe aux tortures que lui ont fait subir les nazis à Auschwitz.

Extrait

Ni-Ni Pompon rouge

      Maintenant que les années ont passé, je réalise combien sa solitude a dû lui être douloureuse, et quelle bande de petits salauds égoïstes nous étions tous...

En CM2, elle ânonnait encore, Ni-Ni, et la maîtresse lui accordait chaque matin une sorte de cours particulier.

Elles s’isolaient toutes les deux au fond de la classe, sous une grande affiche Rossignol ou Fernand Nathan.

Elles me fascinaient, ces images colorées qui racontaient le quotidien des jours qui passent, mes nostalgiques leçons de choses, les pages glorieuses de l’Histoire de France…

Souvenez-vous, on nous abandonnait en auto-discipline, sous la férule d’une batterie d’exercices d’arithmétique, mais c’étaient les progrès de Ni-Ni Pompon rouge qui mobilisaient notre attention.

Enfin… des progrès, il n’y en avait pas vraiment.

Le cours se déroulait toujours selon un rituel immuable.

On entendait d’abord notre camarade rouméguer, sa chaise qui commençait à danser la gigue sur le parquet lessivé, et on savait que les soumiqueries spasmodiques n’allaient plus tarder à remplir l’aquarium de notre salle de classe.

D’un naturel placide, la maîtresse était pourtant montée peu-à-peu en température et la gageure pédagogique s’achevait par la distribution d’une claque magistrale, le clou du spectacle en quelque sorte, que nous guettions avec cette qualité du vice propre à l’enfance.

Je mens un peu en parlant de « clou », car la duplication des gifles journalières n’excitait que fort modérément notre insatiable cruauté.

C’est la scène suivante que d’un œil brillant de convoitise, nous attendions.

Les filles de la classe n’échappaient pas à la règle.

Elle en feraient ensuite autre chose, le torréfieraient à leur manière ; des calomnies de filles quoi, de basses jalousies qui les rassureraient sur le désintérêt que nous, les garçons, nous leur témoignions farouchement à cette époque.

Ni-Ni s’était levée, la joue écarlate et je la vois encore se diriger vers la sortie conduisant au préau où se trouvaient les sanitaires.

Son absence ne durait jamais bien longtemps.

Elle quitterait l’école communale avec un abécédaire en bandoulière déchiré par les trous de mites de l’ignorance, mais on pouvait lui reconnaître deux qualités : la ponctualité et le respect scrupuleux des règlements.

Elle avait parfaitement imprimé cela, tout au fond, derrière les brumes épaisses de son petit esprit de brute.

Concept rudimentaire, implacable. 

S’absenter de la classe trop longtemps, c’était mal.

Son père était parvenu à le lui inculquer à grands coups de ceinture, ce concept.

Il expliquait à la maîtresse, les jours où vraiment, les marques du ceinturon commençaient à faire désordre, ses saintes règles d’une bonne éducation.

Les grosses mains du père lui faisaient peur, à la maîtresse, alors que voulez-vous, elle n’osait trop rien dire, elle laissait faire.

Au fil des jours, les hématomes lui semblaient moins visibles, un imprimé supplémentaire sur la peau de la fillette, dans le prolongement de la chemise, sous son tablier gris.

Ni-Ni s’en revenait vite des toilettes, et nous accueillions son retour en classe comme une fête.

Nous n’osions pas manifester ouvertement notre enthousiasme mais la fébrilité était palpable derrière les pupitres sages.

La maîtresse avait rejoint son bureau.

Elle feignait de s’absorber dans d’impérieuses tâches administratives mais nous avions appris depuis belle lurette à traduire son attitude, pétrie finalement du remords de n’avoir eu d’autre choix que de gratifier cette malheureuse de sa gifle ritournelle, mais surtout de celui, acide comme un cancer, de son inaptitude à mener à bien sa mission d’évangélisation pédagogique.

La gamine a poussé la porte.

Un intense silence se dépose dans la classe.

Il fait taire l’écho assourdi des ultimes bavardages, la nervosité contenue des cahiers et des chaises.

Nous l’observons tous avec une concupiscence gourmande et religieuse car nous savons que le miracle, une fois encore, va s’accomplir.

                           La Tricoteuse 
                    
William Bouguereau 

  Appleton Museum of Art, Ocala Floride

Extrait

Le Doudou de Bérénice

      Elle avait sonné, était parvenue, je ne sais par quel miracle, à forcer la résistance pourtant bien hutine du pêne de la porte d’entrée que je n’avais pas pris le peine de faire réparer depuis mon installation, puis avait sagement pris place dans la salle attenante au cabinet, à m’attendre.

Les cheveux, ramenés d’un même côté du cou, sinuent dans leur brune lumière vers les hanches, très longs, libres et ondoyants.

Couleur bigarade de ciel, la robe dont elle s’est vêtue dessine comme un canal imaginaire au niveau des cuisses, et les mains, dans l’instant réunies, forment barrage à l’aplomb des genoux, disparues à moitié, si menues que seule émerge un peu la bosselure rosée des pouces.

Au milieu, pareille au balancier renversé d’un métronome, danse sagement la silhouette singulière du doudou, suspendu par la pointe effilochée d’un bonnet canaille cousu de guingois au-dessus de l’œil gauche que l’on a dessiné au point de bourdon, minuscule saillie toute ronde où semble se concentrer la vie, sclérotique, iris et pupille de coton fusionnés, teintés d’indéfini, sur le velours beige, vaguement, de la fourrure.

Il a dû appartenir à la grande famille des doudous-pêcheurs que l’on affuble d’ordinaire d’une salopette monoïque aux zébrures blanches et bleues. À la bourre nuageuse qui moutonne aux manches, on devine le souvenir de pattes au temps jadis. Le tissu, à maints endroits, s’est déchiré mais on a négligé à dessein de le recoudre. Les couleurs, aujourd’hui fondues, murmurent les odeurs lointaines et familières d’une peau de femme, celles, devenues éternelles et rassurantes de la maison, le parfum enivrant d’humeurs aux arômes doucement décantés dans le flacon des jours, dans le flacon des nuits, d’une intimité plus secrète où se lovent sous des mousses roussâtres ou bleus, les rêves, les chagrins et les peurs.

         Ambre 
Louis Treserras

Critiques des lecteurs

"Dévoré d’une traite, ce recueil pose un œil sensible, cruel et tendre sur ses huit héroïnes.

Huit nouvelles, huit destins, huit raisons de plus d’aimer cet ouvrage, sensible, cruel, tendre … un regard juste et caressant, des personnages qui pourraient être la femme, la sœur, la fille, l’amante … une plongée dans la psyché du féminin au sens large, ou chaque mot posé sur le papier nous entraîne main dans la main et coeur à coeur avec chacune. Dévoré d’une traite, ce livre est une petite pépite, une parenthèse que l’on s’accorde pour rêver ou réfléchir à la Femme avec un F majuscule."

 

"Une lecture dont on ne sort pas indemne."

"Parfois cruel, l'auteur sait nous entraîner dans nos propres souvenirs, et mettre tous nos sens en réveil. Une belle découverte et un auteur stylé."

"Bravo Jean Rasther pour ce nouveau bijou littéraire !

Depuis mes années de lycée, je n'avais plus relu de nouvelles. Ce recueil en regroupe huit. Elles racontent l'amour, vécu ou fantasmé, heureux ou tragique, la sensualité, la solitude, la résilience.

Mais les apparences sont trompeuses.

Le sujet semble léger, son traitement est néanmoins profond. Chaque femme peut se retrouver dans le portrait de Ni-Ni, de Bérénice, de la rescapée des camps de concentration, de l'apprentie libertine qui veut goûter à l'amour libre...

Chaque homme se reconnaîtra également dans ces huit femmes.

Comme Guy de Maupassant, Jean Rasther excelle dans l'art subtil de la synthétique dilatation qu'est la nouvelle. J'ai lu Palazzo Amadio, Les Métamorphoses d'un Vampire et Casus Belli du même auteur.

Je suis devenu fan !

Quatre œuvres. Quatre univers. On se laisse bercer par la qualité exceptionnelle du style, pourtant très différent dans ces quatre publications. Dans Femme(S) l'écriture est devenue nerveuse. Elle déchire comme un coup de scalpel pour ensuite caresser la peau avec un baume qui apporte l'immense bonheur de la lecture. Il me reste encore à lire L'Amant d'éternité...

Ma lecture de l'été.

Je peux en tout cas vous garantir que Jean Rasther est incontestablement un grand écrivain..."

 

« C’est beau, c’est fort, c’est osé ! Un livre qui va également devenir une Bible pour les hommes ! »

 

« Votre livre a été commandé chez mon libraire de quartier.

Lu en une après-midi ! Je sors de là sonnée. Il y a tant d’émotions qui se mélangent… Ma nouvelle préférée ? J’ai retrouvé ma petite fille dans « Le Doudou de Bérénice », Maupassant avec « Ni-Ni Pompon rouge ». Vous devriez avoir honte d’être aussi cruel ! Et moi, avoir honte d’avoir dévoré ce récit… « La Déclassée » est criante d’actualité, on change d’univers avec cette histoire. De l’anticipation, un peu. De la science-fiction, un peu. Mais la nouvelle que j’ai préférée reste « Frau Karla Oberheuser ». Elle nous plonge dans les horreurs de la Shoah. La guerre en Ukraine la rend encore plus vivante ! et délivre à la fin une leçon de résilience absolument bouleversante. 

Femme(S) , votre recueil, m’a fait penser à un bouquet de fleurs sauvages, de variétés différentes, chaque fleur ayant sa beauté et son parfum. Je vous remercie pour ces huit plaisirs de lecture ! »

 

« Un recueil de nouvelles magnifique ! 

Jean Rasther nous avait éblouis avec trois romans et une pièce de théâtre. On lui découvre un nouveau talent, celui de nouvelliste. Dans la tradition des plus grands, Maupassant, Mérimée, Poe, Buzzati… Il nous plonge dans le destin de huit femmes. Une œuvre magistrale."

      Casus belli est une locution latine signifiant : acte de nature à motiver une déclaration de guerre. Cette pièce de théâtre en cinq tableaux n'est pas simplement une comédie grinçante, un pamphlet qui établirait l'état des lieux clinique de la situation de l'école française aujourd'hui. Elle rend hommage avant tout à la noblesse de l'enseignement, à celle de la transmission, à la littérature - le fil d'Ariane de l'intrigue étant une nouvelle de Marguerite Yourcenar, Comment Wang Fô fut sauvé -, et plus modestement aux puissances immortelles de l'Art. 

      Casus belli est une locution latine signifiant : acte de nature à motiver une déclaration de guerre. Cette pièce de théâtre en cinq tableaux n'est pas simplement une comédie grinçante, un pamphlet qui établirait l'état des lieux clinique de la situation de l'école française aujourd'hui. Elle rend hommage avant tout à la noblesse de l'enseignement, à celle de la transmission, à la littérature - le fil d'Ariane de l'intrigue étant une nouvelle de Marguerite Yourcenar, Comment Wang Fô fut sauvé -, et plus modestement aux puissances immortelles de l'Art. 

Critiques des lecteurs

"Casus Belli, une pièce de théâtre qui dénonce avec une ironie grinçante les errements de l'école d'aujourd'hui et rend hommage aux hussards de la République.

C'est féroce, érudit, désenchanté, furieux, juste, insolent, fort bien ciselé - et surtout... libre ! Avec en sus un bel hommage à Marguerite de Crayencour..."

Patrick Tudoret

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Un hymne à la culture et à l'éducation

Une pièce originale dans sa forme et qui donne une belle matière à la réflexion sur des sujets plus que jamais d'actualité. Aussi, cet ouvrage met le doigt sur la noblesse de la mission des enseignants, le rôle de l'éducation, et ses enjeux sur le devenir des générations qui se suivent. Il y a là une approche philosophique très fine sur ce qui à mon sens constitue un des piliers fondamentaux de notre société et de notre démocratie : l'école, l'éducation , la culture au sens large."

 

"Pourquoi faut-il lire Casus Belli de Jean Rasther ?

Violences verbales entre jeunes, violences physiques aussi puisque l'auteur fait référence à l'assassinat de Samuel Paty, violences à l'égard des adultes, immixtion des parents dans la pédagogie des profs, lâcheté de l'administration, manque de solidarité entre collègues, programmes qui se délitent, conséquences dramatiques de la démagogie et de la "bienveillance."

Le constat que Jean Rasther fait de l'école est implacable.

Mais la pièce ne se réduit pas à ça. 

Elle défend une autre école.

L'école de nos grands-parents, si on se réfère à la photo de la couverture, ou à une école que l'on devrait rétablir ou inventer coûte que coûte avant qu'il soit trop tard : celle du respect, de l'instruction, de la défense de la langue française, de la culture. 

Contrairement aux apparences, cette pièce délivre un très beau message d'espoir."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"J'ai lu votre pièce avec intérêt.

Le point qui m'apparaît comme le plus positif : c'est le style. Clair, précis, phrases bien construites ... agréable à lire. On sent tout de suite que l'on a affaire à un auteur d'une grande culture.

Le sujet est fort, contemporain et à même de faire réfléchir sur les nombreux problèmes de la société !

Interpréter les différents personnages sera très intéressant pour les comédiens."

 

"Le thème de l'école devrait être au coeur des débats de la Présidentielle. La pièce de théâtre de Jean Rasther, Casus Belli, apporte sur ce sujet une réflexion d'une rare intelligence. Sa pièce est aussi profonde que spirituelle, aussi spirituelle que bouleversante et je ne comprends pas que la presse ne lui rende pas un hommage pourtant mérité. Le bouche à oreilles et les réseaux sociaux compenseront (espérons-le), cet oubli."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Magnifique !"

 

"Une pièce de théâtre qui respecte les codes du genre tout en les dépoussiérant, voilà l'incroyable défi qu'a réussi à relever Jean Rasther ! Cette pièce est drôle, certaines scènes sont désopilantes, mais en même temps grave, acide, caustique, car l'auteur fustige sans ménagements les travers de l'Éducation nationale ! Elle rend hommage à la mission des "vrais" profs, à ceux qui ont encore à cœur aujourd'hui de transmettre une authentique culture & des valeurs ! Elle rend d'ailleurs hommage à Samuel Paty dans sa dédicace et à Marguerite Yourcenar dans son contenu. Assurément une très belle pièce de théâtre que je conseille sans l'ombre d'une réserve !"

.

Il doit avoir deux ans.
Jean Rasther sur les genoux de sa mère, institutrice à l’école communale de Eup, en Haute-Garonne.
À sa droite, en tablier blanc, sa grande sœur.


         Le grand-père de Jean Rasther, le professeur René Jammes  (à  gauche sur la photo)
   Lycée Vincent Auriol à Revel

Rendez - vous avec le théâtre

La Bande à Mandrin
 

au Coléo de Pontcharra


   
  Un grand merci à Jean Rasther pour la dédicace de sa pièce de théâtre : 
Casus Belli.

bounty 2.png

Travail de collaboration avec le peintre Louis Treserras

     

      Jean Rasther collabore depuis 2018 avec le peintre et photographe français d’origine catalane Louis Treserras. Ce dernier a contribué à l’élaboration des couvertures des Métamorphoses d’un Vampire, de Femme(S) et de Titus.

Parallèlement, nombre de textes originaux de Jean Rasther illustrent des peintures de Louis Treserras dans un ouvrage d’art récemment publié par Nathalie et Laurent Deymonaz de la galerie Porte Heureuse à Roussillon.

Louis Treserras dans son atelier

      Ne vous fiez pas trop à la sage élégance de la Marquise de Mazan, à la sobriété quasi dévote de la robe aux liserés de soie, au col de collégienne où fleurit sa lavallière.

Il serait imprudent de s’attarder sur l’appât des mains au repos, ou sur celui de la blancheur virginale de la brassée de roses abandonnée sur le manteau de la cheminée. Morgane a respecté les exigences du Peintre. Aujourd’hui, pour lui complaire, elle sera Muse et non Modèle. Elle pose à la manière de Madame Duvaucey. Mais elle préfère se tenir bien droite, comme on le lui a appris. Ne pas sourire, comme il le lui a demandé. Tant de mots affleurent pourtant à la surface de ces lèvres entrouvertes, et tant de pensées troublent de leur silence les eaux émeraude du regard, sous l’ombre veloutée des paupières… 

       Quand je demande impassibilité et page blanche des émotions, ressurgissent tes vieux démons : tu joues à bouder et t’essaies à la mélancolie. Tu redeviens petite fille. Tu anticipes en réalité mes désirs, Marie, car c’est toi qui agites en mon esprit le pinceau invisible de la création. Et lorsque tu nais peu à peu sur ma toile, comme par enchantement couleurs, lumière, espace, lignes et décor s’harmonisent. Paris s’unit à Rome. Ce dôme, tout là-bas, qui s’ébroue dans les brumes nacrées du matin, dit-il, Bramante ou bien Soufflot ? Ces fleurs, dont les branches s’équilibrent entre deux mondes sont-elles magnolia ou bien pivoine ? Qu’importe, en somme. L'Art est un voyage. De l’ancre du regard, écrin de l’âme dont tu poursuis le fantôme, par la nuque, la courbe brisée du bras, par la main délicate et alanguie, l’histoire du tableau devient alors promesse d’un dévoilement. 

       Puisque tu me demandes de conserver la pose, hiératique comme Galatée enfin incarnée sous la gradine de Pygmalion, et qu’il ne me reste plus que la liberté de parole, je vais te raconter ma singulière histoire. Au Pays de Galles, vivait au temps jadis une Princesse nommée Enorah. Cruel fut son Destin car l’homme qu’on lui fit épouser, la jugeant trop ingrate, jamais ne l’honora. Elle serait demeurée vierge toute sa vie, sans l’intervention de Morrigan, que sa détresse émut. Un soir d’automne, sous une pierre sacrée du Val-Sans-Retour, la Déesse récupéra son trésor de topazes et se présenta chez la Princesse, déguisée en Peintre-Voyageuse. La pureté du pinceau, elle la devait au pouvoir magique des pierres. Au fil des jours, l’agrément des peintures apaisa les tourments d’Enorah. Elle accepta bientôt que l’Artiste remodelât son visage. Topaze châtain pour l’ondulante chevelure. Topaze d’airain pour l’iris étoilé des yeux. Topaze églantine pour la pulpe douce des joues. Non plus Galatée sommeillant en son linceul d’ivoire, ni même Dana noyée sous la mémoire des Hommes, mais, docile, conservant la pose puisqu’il le lui demande, hiératique et sensuelle dans sa forêt de pinceaux multicolores, de tubes et de bocaux, une Nymphe aux pétales de rose qui, de son regard, nous invite. 

       Le Peintre apprit bien vite à mieux connaître son Modèle. Des jeunes femmes belles et très simples avaient toujours fréquenté son atelier, étonnées souvent qu’il eût pu déceler en elles des grâces mystérieuses qu’elles n’auraient jamais imaginées. Discrètes et pudiques, elles prenaient place au lieu qu’il leur assignait, choisissant pour elles la chemise à revêtir, la robe à dégrafer, les derniers murmures de maquillage que l’on se devait d’abolir, l’ordonnancement de la chevelure, jusqu’à l’impassibilité du visage qui enflammerait l’imaginaire. Ces femmes-là ne tenaient point de place. Elles ne dérangeaient personne. Elles apparaissaient un matin dans la douce lumière de l’atelier, et puis s’éteignaient avec le crépuscule, après que le reflet sublimé de leur image se fût matérialisé sur l’éden de la toile. Mais Morgane avait germé un jour d’une graine apportée d’il ne savait où, et il avait considéré d’un œil nouveau ce joli brin de fille qui ne ressemblait pas aux autres filles. Ça pouvait être un renouveau, un regain d’inspiration. Au fil du temps, au fil des poses, le Peintre assistait à la lente éclosion de sa Muse, telle qu’il l’avait rêvée au premier regard. Il sentait bien que de ce corps gracile et emprunté en sortirait une apparition miraculeuse. Inutile, dès lors, d'écrire sa chorégraphie. Morgane s’isolerait un instant derrière le paravent japonais. Elle se dénuderait. Elle revêtirait crânement l’ample robe grise dont le peintre disait, en plaisantant, qu’il l’avait héritée de Rembrandt. Elle aurait détaché ses cheveux, ramenés derrière la nuque, sur l’épaule gauche. Elle ne s’allongerait pas sur le divan. Elle ne s’assiérait pas dans le fauteuil Napoléon III au velours élimé. Mutine, elle ouvrirait un à un tous les tiroirs du meuble à couleurs, repousserait brosses et pinceaux puis, légèrement appuyée contre le tiroir supérieur, elle attendrait. Le peintre l’observe en silence, Morgane, ce matin d’avril, n’en finit pas de se préparer à être belle à l’abri de la chambre blonde de l’atelier. Elle choisit avec soins ses couleurs. Elle s’apprête avec une langueur étudiée. Elle dispose sur la palette des sensations, une à une, les couleurs jaillissantes de la toile, l’éventail tendre des gris d’un ciel après l’orage, des bleus du soir qui vient, de la vanille des premières étoiles. Pour l’Artiste qui l’accueille en sa création, elle ne veut apparaître que dans le plein rayonnement de sa beauté. "Les petites taches mauves, à la fenêtre, ce sont des roses de Damas", décrète-t-elle avec gravité. "Je suis la Rose du Petit Prince". Le Peintre s’amuse du cristal de son rire. La blouse est incisée, dévoilant soudain un éclat de soleil.

Qui aurait cru qu’une épine de rose, en son sein, pût être aussi espiègle ?

      "Le livre ouvre un lointain à la vie, que l’image envoûte et immobilise". Ce portrait d’Élise, je me souviens d’en avoir réalisé les dessins préparatoires dans un état d’enthousiasmante fébrilité. Elle pose pour moi depuis peu, se raconte parfois par bribes échappées, me dit goûter la bienfaisante quiétude de l’atelier. On vagabonde quand on pose, me confie-t-elle, comme si l’univers, pareil à un gros chat, se recroquevillait dans l’espace initiatique du grenier, comme si la marche du temps musardait sur des sentes traversières et qu’il lui prenait envie, souvent, de s’abolir tout à fait. Un entre deux mondes où toi et moi pouvons dire ou bien taire, pour que derrière le voile fourbe des apparences survienne l’invisible. Mon travail achevé - l’œuvre s’élaborera dans la solitude -, Élise et moi restons des mois sans nous écrire, sans nous téléphoner et puis un jour, l’oiseau migrateur revient frapper au carreau de l’atelier. Notre complicité rend désormais tout cérémonial superflu. Elle colore ses cheveux, s’habille avec une autre élégance. Disparues, les rondeurs de l’enfance. Impermanente, éternelle, Élise demeure belle car inspirante. Il fait très froid dans l’atelier ce matin-là. En février, le poêle à bois peine à réchauffer la pièce. Avant qu’elle ne prenne la pose, Élise me demande un thé. Je le lui sers dans une tasse en métal émaillé, d’un beau rouge cardinalice. Maugréant par malice, Élise se dévêt. Je l’autorise à conserver un châle de cachemire. Taquine, elle dénigre sa couleur. Mes feuilles de dessin sont en place. Le crayon à mine de plomb frétille entre mes doigts. Ça y est, Élise rejoint la table coréenne, entre le vieux poêle poussif et les flacons d’alchimiste. À ses pieds repose un livre grand ouvert. "Tu n’as jamais peint d’odalisque", remarque-t-elle à brûle-pourpoint. Assise ainsi, de profil, le dos nu, avec sa subtile harmonie d’érotisme. Puis, redevenant subitement sérieuse, ses mains élèvent à la hâte un chignon. Les gestes sont précis. Sensuels. Élise sait que je l’observe. Elle tourne son visage vers moi. Seuls ses yeux me sourient. Mi confuse, mi railleuse, elle désigne les perles d’orient qui brillent à ses oreilles. "Je t’ai désobéi. Je les ai conservées, ce matin". Un silence ouaté enveloppe l’atelier, que vient troubler le ronronnement du poêle. Élise fixe un instant le livre éventré qui gît à ses pieds.
Puis ses yeux se referment sur l’horizon lointain des pensées. 

      Comme j’ouvre la porte de l’atelier, je la vois. Elle est nue. Nue tout à fait. Appuyée avec désinvolture contre la commode de citronnier. La grâce mélancolique du visage
affronte mon regard. Nulle pudeur gênée dans l'attitude. Typhaine juge inutile de voiler de ses bras des seins que je découvre petits mais d’un arrondi merveilleux. La cuisse droite, sensiblement relevée, se referme sur l’ombre du pubis. La main gauche prend appui sur le plateau de bois ; désœuvrée, la droite se dessine à peine. La jeune femme ébouriffe ses cheveux. La moue enfantine éclot alors en un grand éclat de rire. "Regardez, dit-elle, ils atteindront bientôt les épaules ! Si vous m'accordez une minute, en séchant, ces mèches seront moins rebelles, vous verrez".  Je songe, en l'observant, combien il serait incongru d'imaginer que la nudité d’un modèle éveille chez le peintre du désir. Du moins dans le sens où on l’entend communément. Typhaine est certes d’une beauté insolente, offerte, là, devant moi, dans l’alcôve de l’atelier et dans la fraîcheur de ses vingt ans. Un geste suffirait pour que s'immisce entre nous une malsaine ambiguïté et que se brise le charme. À jamais. La tension ressentie est d’une autre nature. Non pas érotique mais bouillonnante. Créatrice. Mon âme voudrait la capturer dans le filet des lumières, des parfums, de la matière. Des couleurs et des odeurs. Mes yeux sont des buvards de vie. Revigoré par cette énergie vitale des chairs, nourri d’elles, pénétré par un rapport inversé de la combustion mystérieuse des sexes, va pouvoir sourdre l'envie vraie de transmuer par la peinture l'immanence en absolu. Le bonheur de se griser à nouveau des illusions peut-être vaines de la transcendance et du sacré. Créer la vie sous des couteaux, des brosses et des pinceaux, quelle gageure ! Typhaine. Elle, toujours. Et cependant déjà une autre. Cela, elle l’a compris d'instinct, sitôt refermée la porte de l’atelier. Les toiles, contre le mur, préparent la cérémonie païenne à laquelle l’Art nous convie. La fenêtre est close. De l’autre côté de la rue, on a refermé les volets. Repliement des choses, repliement intime dans les arcanes singuliers de l'être et de l’Art. 

Tout rapport à l’art s’apparente parfois à une prière.

Le regard pénètre par effraction dans l’espace froid de la toile, sacristie aux secrets démasqués promise à l’éphémère cohabitation des émotions et du rêve

La porte de la sotte raison refermée, les murs, tout autour, insensiblement, se dissolvent dans un apaisant silence

Et la conscience vagabonde du prosélyte, indifférente désormais aux lambris vanillés du bois, masque l’antique brocart où s’ennuient deux écolières sages

L’averse suspendue des fleurs aux doigts de rose

Le ballet triste des feuilles de plumes mortes

Et le glacis nu où s’épandent au crépuscule d’élégants cristaux de neige brune

Pour Elles

Elles qui sourdent mystérieusement de la muraille

Les Muses

Cassandres nouvelles

Cassandres jolies des immémoriales théosophies

Leur regard fixe, impavide, inquiétant, nous enjoint de prier celui qui est là, mais que l’on ne voit plus, l’invisible des arcanes cachottiers du cœur, celui par qui s’absout en volutes d’encens grimpées jusqu’au ciel l’ombre épaisse des tristesses du monde.

      Tout portrait qu’on peint avec âme, écrivait Oscar Wilde, est un portrait non du modèle, mais de l’artiste. Et peindre une femme est un défi jeté à la face de Dieu. Les textes sacrés nous ont toujours menti. Jamais l’être de perfection ne fut homme - d’ailleurs condamné à demeurer éternellement à l’état d’ébauche -, mais la femme. L’Artiste seul est un Élu de Dieu. Son œuvre échappe à la mort. Elle est une parcelle d’éternité. 

      Devant les nus de Louis Treserras, enfants turbulents des fantasmes, de l’inspiration et de la matière, je songe à Michel-Ange pour qui seuls les esprits téméraires et grossiers réduisent à un effet sensuel la beauté, par laquelle toute intelligence saine se sent émue et transportée vers le ciel. Je songe aux esclaves esquissés du tombeau de Jules II, exposés au musée de l’Accademia à Florence, à ces accents de vie fulgurante surgissant de la pierre, aux souffrances de l’Idée et de la Beauté, magnifiquement incarnées. 

Devant ce corps aux membres alanguis

Qui esquisse vaguement la porte charnelle d'un nom,

Je songe, Marie,

À un poème que nous apprenions jadis dans nos écoles de France

Au temps révolu des belles choses goûtées du monde.

Le Tombeau d'une Mère.

Écart des ans et du désir,

Tu es fille.

Promesses menties,

Espérances percloses,

Désillusions déjà, amères

Puisque plus rien n'est vrai

Puisque plus rien n'est faux

Puisque tout, ici-bas, ne rime que songes et mensonges

Dans les rêves trahis du cœur,

Les douleurs, désormais assoupies.

Âme chagrine,

Vie dégrafée,

Marie, ondine chrysalide.

Mais dévoilement peut-être, quand l'instant représenté se fait éternité,

Mise en œuvre silencieuse des secrètes vanités de l'art.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand le linceul du ciel s’entache de l’acide sablonneux des nuits,

Dans le ventre froid des cyprès noirs, là-bas,

Gémissent les rêves avortés du passé.

Et les tombes,

Comme ivres,

Dansent

Sur les fosses vermineuses de l’oubli

Leurs christs de l’éphémère,

Ecartelés.

Ô qui dira les promesses trompeuses de l’asphodèle,

De la cendre épandue ?

Qui dira le bonheur drapé de Mort

Et l’impossible résurrection d’aimer ?

Quand,

Sur la blonde lactance du ciel,

La brume du soir s’incarne tout à coup,

L’enfant maudite des Hespérides,

Nous fixe intensément de ses yeux de veuve folle

Et sa grave, son implacable beauté

Nous ramène au berceau froid du memento mori.

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est la veille de sa mort que l’aède fut convoqué au palais,

Par le vieux roi.

Cela faisait tant d’années que les couloirs,

Les chambres,

Les salons d’apparat,

Ne murmuraient plus que du glissement léger des pieds nus de la mort.

Peu à peu, depuis que la reine avait rejoint les ombres en son royaume,

L’on s’était résigné à oublier le cycle monotone de la Lune.

Le jeune prince ne reviendrait plus.

Il régnait désormais sur les moutons d’Iraklia et s’enivrait de la chair laiteuse d’une fille dont l’éclosion du sexe, chantait-on,

Embaumait, pour la gourmandise des baisers, 

Le gattilier et l’helichryse.

Mais le santal des souvenirs dégouttait fidèlement,

Depuis longtemps,

Chaque nuit,

Dans la pénombre des paupières closes,

Une image de vibrantes lumières,

Que le vieux roi

Jamais,

N’avait dite,

Qu’aucun poème

Jamais,

N’avait récitée,

Dont l’esquisse de fragile réalité,

Jamais,

N’avait osé souiller le moindre palimpseste de Phénicie.

C’est la veille de sa mort qu’il parla à l’aède du secret qui l’avait fondé homme.

Ce jour-là, le sommeil, comme foudre, avait fondu subitement sur l’équipage.

Le vent s’était posé.

Et la mer,

Dans l’acier miroitant de ses bleus,

La lui avait montrée,

Seule,

La dernière,

Parce qu’unique,

Assise sur la proue d’un rocher, lo scoglio del monacone.

Elle le fixait, la tête légèrement inclinée, dans l’embrasement des nappes lourdes de la chevelure.

De la tunique,

En corolle

Ondoyante,

Serpentait sur la pierre grise

Le pistil gracile des jambes repliées,

Et les doigts épars de sa bouche close l’invitaient au dévoilement des hanches,

Au sommeil ardent des étreintes oublieuses du Temps,

Escale ultime dans le brasier des yeux,

Au port des cuisses,

Pour l’encre de sa chair plongée dans les eaux tièdes d’une âme.

C’est la veille de sa mort que le vieux roi décrivit pour l’aède,

Dans le désert poudreux d’un antique palais

Promis à l’aube d’un prochain lendemain

Au fracassement des lourdes architraves de marbre,

Celle qui,

De sirène,

N’avait pas même revêtu le nom,

Mais luciole des nuits

Et papillon des aubes aux boucles de roses,

Avait,

Sans relâche,

Insufflé dans son cœur

L’énergie vitale

Non du sang

Mais de la Création

Et de l’éternelle Beauté.

      Nous sommes, comme le Poète, piétons de la grand'route, marcheurs aux semelles de vent, animés par l'impulsion vitale des éternels recommencements. Nous étions quelques fous, nous voici aujourd'hui tout un peuple, grisés par la même foi, libres, enfin, de ces chaînes invisibles qui hier nous liaient encore à un bloc de terre, aux murs clos d'une culture, ou au mirage chromatique des apparences. Nous sommes la mouvante présence au monde. Dans la grâce de chaque instant, sous chacun de nos pas, la roche qui entaille, l'herbe grasse des talus qui apaise, la brûlure du soleil avant le baume des étoiles, les griffes de la pluie pour le vent qui caresse, les odeurs diffractées de l'univers, la fraternité des bêtes, sont autant de promesses pour que soit bientôt scellée l’alliance nouvelle. Hommes, femmes, enfants, nous sommes tous les piétons de la grand'route, les marcheurs aux semelles de vent, Poètes dessinant dans la cendre épaisse de l'espérance les courbes serpentines du chemin. Par-delà la haute porte aux linteaux de sang, par-delà la houle amère du désert, dans l'ombre fraîche des palmiers, nous dresserons alors nos tentes, et nos baisers seront à jamais de miel et de lait.

Paul Gauguin, récréations par Guy Thérasse

Paul Gauguin, réréations par Guy Thérasse

Get Started

Travail de collaboration avec        le peintre Louis Treserras

     

      Jean Rasther collabore depuis 2018 avec le peintre et photographe français d’origine catalane Louis Treserras. Ce dernier a contribué à l’élaboration des couvertures des Métamorphoses d’un Vampire, de Femme(S) et de Titus.

Parallèlement, nombre de textes originaux de Jean Rasther illustrent des peintures de Louis Treserras dans un ouvrage d’art récemment publié par Nathalie et Laurent Deymonaz de la galerie Porte Heureuse à Roussillon.

L'intégralité du site seulement sur ordinateur

Contact

Extrait du roman Les Métamorphoses d’un Vampire qui sera lu vendredi 20 décembre 2019 pour l'enregistrement de l'émission radiophonique de RCF, à La Rochelle, co-produite par Sophie Carou-Rivaud :

« Il est grand temps de rallumer les étoiles »

 

https://mail.google.com/mail/u/0/?tab=rm&ogbl#inbox/FMfcgzGxRdvrmBlNlCHqSXKrNLcwHchT?projector=1

Jean Rasther

Contact

Achat en ligne

bottom of page